Dans les rues du vieux Paris!

4012010

Nous devons tous passer par des déceptions et des espoirs… Auteur du livre Paris secret et insolite, j’avais décidé de créer ce blog, sans trop y croire, puis des lecteurs, lentement, sûrement, sont venus et ont laissé quelques commentaires…

moi.jpeg

Votre serviteur avec sa maman, se promenant – déjà! – sur les quais de la Seine

J’ai connu quelques belles surprises grâce à ce blog : des moments émouvants, des interrogations, des découvertes, des instants de colère ou d’indignation. Le sujet? Paris, Paris, Paris! Voici plus de trente ans que je traîne dans ses rues que je connais comme « ma poche » sans en avoir toutefois découvert tous les mystères. Heureusement d’ailleurs!

Un ticket de métro et hop! En route vers l’aventure! Des couchers de soleil magnifiques, des rues luisantes de pluie, de vieilles maisons sales et craquantes… Que n’aurais-je pas connu à Paris!

Et tout ça parce que mon père, restaurateur de son état, m’emmenait avec lui ses « jours de sortie » et me montrait Paris sur les quais, à Montmartre, ou ailleurs. Papa n’était pas un intellectuel mais il connaissait bien « sa » ville, lui qui y avait débarqué un beau jour de 1935 avec sa valise en carton et ses chaussures à deux couleurs…

img5677.jpg

J’ai ainsi levé la tête, ouvert des yeux, grands comme ça, et je suis parti seul à l’aventure. Un beau jour la bibliothèque du Centre Pompidou a ouvert ses portes. Le rayon « histoire de Paris » y était très bien achalandé. J’ai pu ainsi y faire mes universités, découvrant avec passion l’histoire de ma rue, de mon quartier, de la ville  que j’aimais et… Plus encore!

L’ouvrier en optique que j’étais, je ne pensais plus qu’à une chose… Ses recherches parisiennes. Tout le reste me semblait fade, absurde, sans intérêt et, dès que la fin de semaine arrivait, je saisissais ma serviette en cuir et rejoignais la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris.

Après avoir envoyé ma brillante carrière d’opticien par-dessus l’épaule, je continuais mes études, seul, en toute liberté, me plongeant avec délice dans les livres, touchant de très près l’histoire.  J’entrais aux Archives nationales… Comment vous expliquer l’émotion ressentie lorsque je tenais entre mes mains une lettre de Louis XIV et de tant d’autres personnages célèbres! Puis vinrent ensuite les séminaires de Jeanne Pronteau et de Michel Fleury à la Sorbonne…

Une exposition en 1986 à la Mairie du XVIIe arrondissement, sur le passé de ce fameux coin où j’ai vu le jour…

Et puis, et puis, et puis!

Continuons la route ensemble, voulez-vous?

Et faites-moi plaisir : participez à ce blog, il est grand ouvert!!

stryge.jpg

Paris est à nous!

Et pour ceux qu voudront retrouver l’esprit de ce blog dans mon dernier livre :

Palais-Royal, un demi-siècle de folies

voir l’article sur celui-ci dans les pages.




Mon nouveau livre!

6012012

Mon nouveau livre! VV-300x224

FAITES-LE SAVOIR AUTOUR DE VOUS!

PARIS MACABRE

histoires étranges et merveilleuses

Préface d’ANNA GAVALDA

aux éditons LE CASTOR ASTRAL

collection Curiosa et coetera

Illustré de gravures inédites du 19e siècle dénichées dans une collection privée et dues au talent de Laurence, un graveur amateur du Vieux Paris!

Vous pourrez ainsi découvrir :

Qu’un croque-mort pouvait avoir du cœur! C’est un fils de jardinier traîté comme un empereur qui me l’a révélé, pendant qu’un décapité parlant, une veuve trop gourmande, un scalpeur se baignaient dans des fontaines de graisse.

Des os félins et canins gisaient sur un tas immonde, près d’un chef royal couvert d’une chevelure opulente.
Cléo, à la B.N.F, m’attendait près des douze piliers. Caressant son amoureuse peau, j’étais mort ou vif. Tout cela me rappelait les cheveux de M. de Sartine chez une folle que j’avais rencontré lors d’ un déménagement macabre près des catacombes Montmartroises. Comme toujours, c’était l’horreur à Montfaucon.  Place de la honte ; l’innocente mort rodait tandis que de courageux ouvriers curaient un puits d’amour. Ils en extrayèrent deux Agrippines collées,  un masque étrange et doux ; un parapluie oublié…

Sans-titre-300x161
Le Néant pour enseigne d’ une société mutuelle ! La tête dans le sac je me rendais chez un génial embaumeur qui me montra sa chair et ses os au milieu d’une foire aux cadavres. Il avait de jolies mains et résidait dans la sombre rue du Fer-à-moulin. Un Puzzle de vingt-six têtes à la gloire d’Isis vénérée à Paris par l’abbé Faria, le vrai, et une mèche de cheveux empruntée par Home à l’empereur son voisin.
Nostradamus était à Paris. La vision d’un étonnant cône et d’un pudding magique le fit crier dans la nuit.

La promesse oubliée de célestes mathémathiques, une immaculée Assomption sous une pluie dangereuse troublant de drôles de poules et provoquant l’ouverture d’inquiétants parapluies dans la chambre rouge, comment guérir à la Villette ?

2-Sans-titre-228x300
 Une révélation de Saint-Germain concernant un esprit dans la cave et les écrits de l’au-delà. Un talisman mystérieux montré lors d un souper des morts secoués de curieuses convulsions et un M. de la Condamine trop curieux. Qui étiez-vous Léonie ? Des esprits brûleurs, des épingles piquantes, une ombre diaphane chez ce sacré père G. tenant un cierge long, si long.

Une miraculée invoquant le diable de l’île et des farfadets en bouteille effrayés par un cœur de mouton lardé, comme ce diable dans les carrières. Une bonne mère tressant des couronnes magiques en hurlant : « je suis damnée ! » quand elle vit les cornes dorées d’un diable à Vauvert…

COUV-PARIS-MACABRE08859CDE-847x1024







« Paris macabre » sur Radio libertaire 89.4 jeudi 28 février!

27022013

Avis à la population! Pour ceux qui voudraient entendre ma douce voix prononçant quelques propos essentiels :
Je passe sur Radio libertaire, jeudi prochain de 15 h à 16 h 30.
Au programme : Paris Macabre!
Radio libertaire : 89.4 ou sur internet (le site est en construction mais ça marche quand même).
Ou le podcast… Après…




Des tours à Paris : un vision d’avenir bien visible dans le rétroviseur!

18022013

Certains architectes devraient arrêter la cocaïne et cesser de croire que c’est en faisant de la merde que l’on est créatif!
Suivez mon regard : la tour Triangle porte de Versailles : on se croirait revenu dans les pires schémas des années 30… Mais c’est bien normal, quand on songe au paquet de fric que cette opération va rapporter (c’est la motivation première des promoteurs, ne l’oublions pas). Et dire que l’on célèbre comme un dieu un certain Le Corbusier qui voulait raser le centre de Paris en ne gardant que Notre-Dame!

Et ne me dites pas que je suis rétrograde, s’il vous plaît. J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer en disant à quelques architectes que l’implantation des tours à Paris, était un vieux projet des années 30. Alors comme visions d’avenir vous repasserez… L’andouille dirigeant le Pavillon de l’Arsenal – service de propagande de l’architecture merdique de la Ville de Paris – n’avait pas su quoi me répondre. Normal, il savait que j’avais raison. ça s’appelle faire du neuf avec du vieux… Mais notre merveilleux Maire Bertrand est pour les tours… Comme il est pour foutre en l’air une partie du jardinier municipal de la porte d’Auteuil pour satisfaire ses copains affairistes de la baballe de tennis. Mais pourquoi, pourquoi donc nos élus sont-ils si proches des promoteurs? Hein? Oh non… Vous ne croyez pas tout de même… Pas en France, pas chez nous!
Au fait, Bertrand va peut-être l’avoir dans l’os avec son projet Rolland Garros et LVMH a la migraine pour son projet Samaritaine (n’oublions pas qu’il veut implanter un immeuble à façade de verre rue de Rivoli à deux pas du Louvre.)
LVMH… Vous savez, l’autre là, un copain de Bertrand… Si si! Vous m’avez compris… Et pendant ce temps on amuse les foules avec les voies sur berge…

Vers 1920, Auguste Perret présenta le projet de 100 « Maison-Tour » de 150 à 200 m de hauteur ceinturant Paris; en bordure d’une voie de 250 m de large, à l’emplacement de l’actuel boulevard Périphérique. Ainsi que 200 de plus sur une avenue allant de la Porte Maillot à la Croix de Noailles (Forêt de Saint-Germain-en-Laye) au travers du site de l’actuelle Défense.

ça fait rêver les affairistes…




Misère quotidienne au Palais-royal, en…2012!

17122012

Je passe souvent le soir sous les galeries du Palais-royal. Vers 20 heures, les « ombres » s’installent ici et là, hommes sans domicile qui ont choisi ces galeries – des courants d’air! – pour s’abriter et dormir dans un sac de couchage, des cartons ou des couvertures. L’un d’eux, stoïque, se cale contre la parois du petit passage rejoignant le rue Montpensier, et lis, sans lumière, continuellement.
Et tout cela se passe – contraste étrange et troublant! – sous les vitrines des magasins de luxe du Palais-royal et près des restaurants du quartier.
Je sais qu’il y a beaucoup de sans logis à Paris, mais ce spectacle de la misère étalée, dans le froid, sous ces galeries vieilles de plus de deux siècles, est tout simplement insupportable.

Misère quotidienne au Palais-royal, en...2012! portrait_monsieur_chodruc_duc_hiAutrefois, Chodruc-Duclos, le vagabond du Palais-royal, passait son temps à marcher sans cesse le long de ces mêmes galeries… Mais lui, au moins, disposait d’une chambre!




Paris macabre dans « Royaliste » du 26 novembre 2012

29112012

Paris macabre dans

La courte préface d’Anna Gavalda vous met immédiatement dans l’ambiance. Elle a bien raison de nom­mer l’auteur un drôle de citoyen. C’est vrai qu’il ne va pas de soi de prendre pour sujet d’un itinéraire dans Paris, les caractéristiques et les his­toires les moins glamour. Voilà un auteur auquel on aura bien du mal à reprocher son penchant pour la bluette.

Dans la première partie de ce livre, clair et bien documenté, ce macabre-tour de la capitale vous mènera dans les endroits les plus diffi­ciles du vieux Paris. Bien entendu, de la majorité de ces endroits il ne reste rien. On aura du mal à s’imaginer le Gibet de Montfaucon dans les immeubles proprets de la rue de La-Grange-aux-Belles dans le Xe arrondissement. Voilà un endroit qui servit de lieu d’exécution et de pourrissoir durant des siècles et qui vit se développer les trafics les plus divers, les plus imaginatifs et pour tout dire, les plus abjects. Voyez l’intéressant chapitre sur le Cimetière des Innocents qui occupait l’emplacement actuel de la Fontaine des Inno­cents aux Halles.

paris-macabre-paris-macabre-905x1024-265x300

Au fil des rues et des époques, tout ce que notre ca­pitale a connu de crimes les plus bizarres, d’assassins les plus singuliers nous est conté avec force détails, beaucoup d’humour, sans jamais tomber bêtement dans l’esthétisme du crime. L’imagination est sans borne en la matière et les ro­manciers les plus imaginatifs n’auraient pu mieux faire. Voilà, notamment, pourquoi l’Histoire sera toujours su­périeure au roman.

La seconde partie est un peu plus classique mais toujours d’excellente facture. Il s’agit là, toujours avec le même principe d’itinéraire, de nous conter les histoires d’esprits et de fantômes qui sont légion dans notre belle ville. En fait, ce sujet a depuis longtemps déjà été abondamment traité mais Rodolphe Trouilleux trouve le moyen de renouveler le genre et de passionner tous ceux que ce type de narration peut intéresser. Pour les autres, je leur recommande d’y jeter un œil. Les événements qu’on y rencontre vont de l’étonnant au passionnant, sans jamais être le moins du monde ennuyeux, ça les changera, qui sait agréablement, de la visite de base pour touristes.

Pascal BEAUCHER




A Paris… Avec les anges!

17112012

Rosemary Flanery, américaine vivant à Paris, avait l’habitude de faire son jogging dans le Parc Montsouris. Un ange géant attira son attention à l’entrée du parc… Il semblait bien protecteur…

A Paris... Avec les anges! 6a00d83451b0bd69e2017d3d3e5864970c-800wi

Rosemary s’est prise au jeu ; baskets aux pieds et appareil photo en main, elle est partie à la chasse aux anges. Une chasse bien pacifique.

C’est à cette occasion que j’ai fait la connaissance de cette charmante américaine sincèrement amoureuse de Paris, qui a poussé la curiosité un peu plus loin que les autres, en se documentant sur ces fameux anges qu’elle rencontrait au cours de ses pérégrinations.

6a00d83451b0bd69e2017c330ffd33970b-800wi

Son appareil photo rempli à ras bords, elle en a fait un choix qu’elle présente aujourd’hui dans Angels of Paris, un très joli livre publié chez l’éditeur New Yorkais The little bookroom.

Des anges de Saint-Nicolas-du-Chardonnet qui ont troqué leur croix contre des piques pendant la Révolution française à celui jouant de la mandoline sur la maison de Nicolas Flamel, Rosemary nous convie à une jolie promenade à Paris, dans la langue de Shakespeare.

6a00d83451b0bd69e2017d3d3e9c98970c-800wi  




La Ruche à Paris 15e : Saint-Pognon contre Saint-Frusquin…

26102012

Ils s’attaquent à la Ruche! – Qui ça? – Mais les promoteurs!

La Ruche à Paris 15e : Saint-Pognon contre Saint-Frusquin... img_8680

Il faut vraiment disposer d’une belle dose d’inconscience pour s’attaquer à un endroit pareil, mythique, mondialement connu – autant que le fameux Bateau-lavoir de Montmartre! – Et pourtant il existe des hommes d’affaire (appelons-les comme ça) pour s’armer d’une pelleteuse et descendre un mur…

Un mur, me direz-vous? Mais ça se reconstruit! Bien sûr, à la seule différence qu’il s’agissait d’un vieux mur de briques, de la même couleur que les bâtiments environnants. Et la Ruche, c’est plus qu’un espace, un véritable lieux où tout est équilibré. On le reconstruira ce mur… en parpaings… Vous verrez, avec une couche d’enduit, ça sera très… Propre!

img_8688

Les artistes qui vivent ici ne sont pas sales, mais ils s’en foutent comme de leur premier pinceau, de la « propreté » visuelle, de l’aligné. Pensez à Chagall, qui a vécu ici, et songez à la ligne droite bien propre… Vous voyez le problème!?

J’ai été reçu très amicalement à la Ruche par un de ses occupants, Philippe Lagautrière, artiste peintre, illustrateur, qui m’a accueilli dans son atelier-logement, l’une des « parts de gâteau » de ce curieux bâtiment rond, vestige d’une exposition universelle. Les artistes sont une soixantaine à pouvoir créer ici, dans ce jardin verdoyant et serein, passage de Dantzig, près du parc Georges Brassens. Il sont privilégiés? Oui, et alors? Moi, je trouve ça bien, de voir encore un lieu comme ça à Paris, où des gens peuvent exprimer leur art avec l’assurance de garder un toit au-dessus de leur tête…

Oui, peut être, mais « Saint-Pognon », qui règne en maître à Paris, veille…

img_8699

Faisons table rase du passé…

« Vous ne vous rendez pas compte du prix du mètre carré ici », me disait un vieux monsieur chauve, rencontré à côté du parc… « Alors, vous savez, les artistes avec tout leur Saint-Frusquin, ils font pas le poids… »

Saint Pognon contre Saint Frusquin? Peut-être…  Mais je trouve que ce promoteur est bien maladroit. Il paraîtrait que ce mur était sur sa parcelle. Est-ce une raison pour se comporter ainsi, assurer dans un premier temps que ce mur serait conservé puis envoyer ensuite – à 7 heures du matin! – une pelleteuse qui a dézingué le vieux truc en deux coups?

On peut causer avec les artistes, vous savez, monsieur le promoteur… Ils sont capables de comprendre beaucoup de choses, et ne passent pas leur temps à rêver dans les nuages!

Moi, hier après midi, par contre, j’ai bien rêvé, en compagnie de Philippe, dans ce jardin extraordinaire, décoré de sculptures abandonnées, de mosaïques, de vieux bout de machin et de chat méditant sur le temps qui passe.

img_8712

J’ai été ému, oui, terriblement, de tourner autour de cette Ruche si insolite et tellement belle!

Ils ont été nombreux les artistes à créer ici, et il le sont encore.

Cette Ruche, c’est un coeur battant…

Vous entendez ce coeur monsieur le promoteur?

Alors, de grâce, n’y touchez plus!

img_8732

img_8726

Le chat : « pfffffff, ces artistes….! »

img_8713

img_8715

img_8730

img_8719

img_8689

img_8679

Juste en face de la Ruche…

 




Une belle rencontre : Elie Guillou, « chanteur public »

19102012

L’ami Eric Poindron m’avait dit :

- J’ai invité un type formidable, Elie Guillou, un chanteur public qui écrit des chansons à la demande pour un anniversaire, un deuil ou toute autre occasion…

Je savais qu’il l’avait convié mardi dernier à l’atelier des mots et curiosités. Bon… J’y suis venu, non-pas à reculons mais un peu méfiant : n’aurait-on pas affaire à un barde, un « gratteux » comme nous en avons tous connu, dispensateur de platitudes, beau gosse attirant les filles mais pas très agréable à écouter… au fond d’une « maison de la culture » poussiéreuse, un soir, déprimant… Et pour peu qu’il pleuve c’était complet…

Une belle rencontre : Elie Guillou,

Bref : une guitare. Oui… Des chansons? Certes… Ouais ouais ouais…

Et pis à mon âge… vous comprenez… Quoi? Si, si, 53 ans, faut les porter, croyez-moi…

Je suis venu à l’atelier, et nous nous sommes posés tous, autour de la table basse… Elie (c’est le chanteur…) et Dylan (c’est son frère) se sont assis à leur tour… Et le chanteur s’est présenté… Breton… Guillou… Oui… Il a fait le voyage de Paris à Brest en chantant et en a ramené des impressions…

C’était bien, c’était sympathique, le jeune homme voyage, revenant de Tunisie, a failli aller au Mali… Il fait aussi des concerts impromptus, scènes ouvertes dans des laveries où tout le monde peut venir exercer son art… Original…

Oh, et puis l’Elie Guillou, il a une drôle de chouette gueulounette… Et un sourire, je ne vous dis que ça…!

Mais bon…

Il a saisi sa guitare, l’a à peine pincé, a ouvert la bouche pour chanter et… Moi, oui, moi, le vieux chenoque a senti presque instantanément une boule là… Vous savez… Près de la gorge…

Il chantait du Gaston Coûté! Le poète d’cheu nous… Ce type qui, vers 1900, vint perdre sa poésie sur les scènes de Montmartre… Et sur qui j’ai écrit quelques lignes… Un militant au verbe haut, et à la poésie chavirante…

Et le gars Elie a continué, nous a chanté de ses – très belles – compositions à la demande, nous a raconté tout simplement son histoire, ses choix, avec une fraîcheur incroyable et un charme fou!

Il paraît que je faisais une  drôle de tête le soir de la venue d’Elie Guillou à l’atelier des mots et des curiosités…

Tu parles! Quand ce gars chante, moi, je pars l’accompagner instantanément, à cheval sur ses notes de musique. Je me suis abonné au site d’Elie Guillou, parce qu’il est jeune, parce qu’il chante bien, parce que ce qu’il écrit est sensible et beau.

Ouais! Une sacrée rencontre ce soir là, avec un sacré bonhomme, qui ira loin, vous pouvez en être sûr…

Pour trois euros mensuels, il faut s’abonner : vous pourrez avoir ainsi une chanson écrite spécialement pour vous, l’album d’Elie Guillou, et des infos sur son parcours et ses folles soirées dans les « Lavomatics ».

Et nous serons ainsi plusieurs à suivre fidèlement le parcours de ce garçon frisé, Breton et souriant… Un vrai gars d’cheu nous!

Pour s’informer et s’abonner, voir son site : http://www.elieguillou.fr/

www-ronanphotographe-com-7-200x300




Montmartre séjour de la crasse et de la honte, par Max Jacob

14092012

Voici un témoignage puisé dans le Figaro artistique illustré de 1931. Un Montmartre de la bohème assez sombre, évoqué par Max Jacob, et correspondant assez mal à l’image romantique véhiculée encore aujourd’hui. Au début du 20e siècle, la vie d’artiste n’était pas si facile qu’on le prétend, et qu’on le prétendait déjà en 1931…

Montmartre séjour de la crasse et de la honte, par Max Jacob MONTMARTRE-1920-1-1024x839

 « Infendum, regina, jubes renovare dolorem. (1) »

- Comment?

- C’est un vers de Virgile que j’ai appris au collège.

C’est tout ce qui m’est reste de Virgile. Infandum, regina…

- Oui, je voulais parler avec vous de Montmartre.

- Guillaume Apollinaire, le grand poète lyrique de ce temps-là et de tous les temps disait « Montm… » (je ne veux pas effaroucher nos lecteurs). Maintenant, pour moi, Montmartre c’est le Sacré-Cœur, la maison sainte où Dieu s’approche le plus de ses adorateurs. C’est comme Assise ou Saint-Martin de Tours : je ne parle pas de Lourdes où je n’ai jamais rien senti. Vous ne voulez pas que je vous décrive la place du Tertre d’aujourd’hui où le moindre bistro s’orne de monstrueuses pancartes annonçant le dancing et le concert. Vous voulez le Montmartre de 1905 ou 10 ? Hélas Infandum, regina… oui! Les concierges criaient « au Commissaire », du matin au soir. Les enfants déjà gâtés par le cinéma jouaient au policier et au bandit sur le pavé. A 4 heures du matin, des bandes d’artistes encore attablés en pleine rue empêchaient de dormir plusieurs étages d’immeubles.

« Tas de feignants! On voit bien que ça ne fout rien de toute la journée ! Je travaille moi! J’ai besoin de mon sommeil.

MONTMARTRE-1920-2-582x1024

Parfois on voyait passer Utrillo, ce symbole vivant de la Butte, Utrillo sans chemise ni chaussettes, un litre vide sous le bras, de la bave et du sang aux lèvres. Ou bien, assis au bord d’un trottoir, Utrillo rongeant un coin de pain. Un jour un brave homme de peintre « pignochait » devant un chevalet, une vue de la place du Tertre, Utrillo, les bras croisés, contemplait l’ouvrage. A la fin, il n’y tient plus, il prend la toile et la jette au vent. Le peintre se rebiffe. Sa mère qui tricotait lève les bras au ciel. Les agents arrivent. On part pour le commissariat.

« Il faudrait prévenir cette bonne madame Valadon… » dit le commissaire qui connaît son quartier et son monde. Et la pauvre Suzanne Valadon arrivait en larmes.

- II vaudrait mieux le renvoyer à Picpus.

On renvoyait Utrillo à Picpus. Il n’y restait pas longtemps. On l’apercevait encore les bras croisés devant quelque boutique.

« Bourgeois! Voleurs! ça vit du malheur des autres. Oh ! les cochons! »

Utrillo cherchait des pierres et même un pavé et les lançait dans les vitres. Et la scène de l’arrestation recommençait.

Et voilà le Montmartre de mon temps!

MONTMARTRE-1920-4-708x1024

Il y avait le cabaret du Lapin Agile, lieu poussiéreux, obscure rencontre de la misère, des chansons lamentables, du silence et des bruits d’ivrognes. On a voulu défendre ce triste et prétentieux bistro, ce n’est pas moi qui le ferai. Un soir que j’étais là – il fallait bien suivre les amis et vaincre ses dégoûts – un soir donc, quelqu’un s’approcha de moi :

« Vous êtes bien Monsieur Tel ?.. On vous demande dehors » Avant que j’aie eu le temps de rien voir, deux individus me jettent à terre et ne me laissent qu’ensan­glanté. Il parait que c’était une erreur !!!

Ces choses-là allaient jusqu’au crime ! Une fois, on nous appela en correctionnelle comme témoins de moralité un de mes amis et moi. Il y avait eu des coups de feu.

Ah! Montmartre! Les pierrots! La maison de Berlioz et la trace des pas de Lamartine, de Brizeux, de Musset! L’habitation de je ne sais quels saints! Villette et la Vachacade ! Le Chat-Noir et toutes ses futures gloires, les dernières vignes et les restes peut-être des abbesses, amies d’Henri IV.

Un vieillard vénérable qui se disait mon parent vint un jour me voir m’ayant découvert ; il me promena dans Montmartre qu’il habitait depuis 1860, vieux peintre qui n’avait jamais peint. Il me montrait des maisons historiques : « Ici logeait Bal1anche. Victor Hugo coucha chez lui le 2 décembre 51 avant de partir pour Bruxelles … George Sand recevait le mardi. Nous venions voir les files de fiacres devant sa porte. Ici, rue des Rosiers, les artilleurs tiraient sur Saint-Denis où se trouvaient les Prussiens. Ton père, ton oncle et moi nous y étions. De cette fenêtre, ici, une femme nous jetait des fleurs. Voilà la mairie de Montmartre, c’est le théâtre Montmartre. Les mégères du quartier pour­suivirent Clemenceau qui était maire, de chambre en chambre, à propos de « cartes de pain », Clemenceau gagna le jardin et sauta le mur de la rue d’Orsel. Rue Germain-Pilon, habitait un petit tailleur sa femme accoucha d’un garçon pendant que la duchesse de Berry (?) accouchait d’une fille. On fit une substitution pour assurer la descendance mâle. (Je rapporte les propos du vieux bonhomme). Sur ce banc venait chaque matin rêver Berlioz et nous le contemplions de loin… malheureusement, le jour de son enterrement il y était encore. C’était un faux Berlioz. »

Mes amis et moi nous n’avons pas connu cela. Nous serrions la main à un homme qui se servait d’un talent de graveur pour je ne sais quelles hideuses besognes, à un autre qui vivait de faux tableaux de maîtres et était d’ailleurs un repris de justice. L’un des nôtres et non des moindres ne sortait qu’armé. Un jour, un nommé H… me rencontre place Emile-Goudeau.

« Tiens-moi un instant ce rouleau de papiers. Je vais au 11 et je ne veux pas qu’on les voie. » Il disparaît me laissant dans les mains des titres lavés. Mais il faut vous expliquer ce que c’est que des titres lavés : ce sont des titres volés d’où on a fait disparaître le nom du propriétaire avec du chlore. Je me représente le pauvre enfant que j’étais, debout sous les arbres de la rue Ravignan, tenant un rouleau de titres lavés! Et quels dangers! Depuis ce temps-là j’ai cru en la divine Provi­dence. Combien je la remercie aujourd’hui d’avoir veillé sur les braves et purs artistes que nous étions mes amis et moi. Nous avons tout coudoyé sans nous salir, tout vu comme au spectacle, ri de tout et la pensée ne nous venait pas même de dénoncer les petits bandits, qui s’asseyaient à nos tables et nous tutoyaient. Notre bande était infinie, toujours plus nombreuse, on arrivait de partout, de Montparnasse, du boulevard Saint-Mi­chel. La gloire naissante de deux d’entre nous attirait des provinciaux, des étrangers et même des membres de la plus haute société. Nous rencontrions souvent mêlé à des acteurs, un groupe bizarre : un esthète frissonnant, quatre ou cinq employés des postes et je ne sais qui encore. Ces êtres étaient aussi pauvres que nous, mais ils semaient des pièces d’or et offraient sans cesse de payer à boire. Je dis « offraient de payer à boire » car nous buvions peu, on menait, rue Ravi­gnan, une vie dure et ascétique; on travaillait beau­coup, on inventait beaucoup; les nuits de boisson étaient rares, inattendues et terriblement brutales, folles ! Voici donc ces gens bizarres qui nous étonnaient par leurs nombreux voyages en sleepings, leurs séjours à l’étranger. Un jour, nous apprîmes qu’ils ‘fabriquaient de faux mandats internationaux et qu’ils allaient eux-mêmes les toucher, qu’ils étaient arrêtés et condamnés au bagne.

Ah ! non, je n’aime pas à me souvenir de ce Montmartre! C’était le séjour de la crasse et de la honte.

Je le traverse souvent en taxi pour me rendre à la basilique; je me rencogne dans l’ombre pour ne pas être reconnu et interpellé par les boutiquiers qui furent les témoins et les acteurs de notre histoire et je ferme les yeux pour ne pas voir le spectacle de mes jeunes années si malheureuses et enchaînées là par l’amitié. Je n’ai pas écrit les noms de mes compagnons d’infortune et de labeur: il est souvent très désagréable de trouver son nom dans le détail de circonstances pénibles, je le sais par une expérience personnelle et quand je rencontre le mien agrémenté de mensonges plus ou moins jolis et d’anecdotes toujours fausses, j’en rougis et j’enrage. J’ai insisté seulement sur Utrillo parce qu’il représente bien le Montmartre du début de ce siècle : folie! ivresses de tous genres ! pauvreté! le talent sur le pavé des rues et la grande pureté coudoyant toutes les abominations. Ah ! que l’on construise des immeubles neufs ! Qu’on arrache jusqu’au dernier arbre! Qu’on supprime tout ce qui perpétue les sou­venirs, soi-disant attendrissants de ce que vous appelez la Bohème et que j’appelle la misère, qu’on invite tous les sous-Murger à se taire. Ce sont des écrivains encore plus nuisibles en ce temps de luttes et d’action, que leur maître le fut dans une époque vaniteuse et frivole.

MAX JACOB

 1 : Reine, vous m’ordonnez de rouvrir de cruelles blessures.

Photographies de L. Caillaud




Le Chat noir en tournée… Aux Batignolles!

11092012

Le Chat noir en tournée... Aux Batignolles! affiche-chat-noir-copie-682x1024

Dans mes multiples lectures, j’ai toujours fréquenté le cabaret du Chat noir, et ce depuis mon adolescence. Fasciné par les poètes, chansonniers, musiciens qui le fréquentaient, (dont Alphonse Allais et Erik Satie pour ne citer que les plus connus) j’ai rêvé de voyager dans le temps et de venir rue de Laval (auj. rue Victor Massé, 9e) de pousser la porte du cabaret, de m’asseoir devant un bock et d’écouter chanter Yvette Guilbert, d’admirer le théâtre d’ombre et de rire au récit d’un charmant monologue.

Grâce à Jean Grimaud, metteur-en-scène, mon complice ami, je peux enfin donner de l’épaisseur à mon rêve. Je vais pousser la chansonnette, déclamer et surtout regarder mes compagnons de scène… Le formidable travail collectif accompli par chacun va me permettre, non-pas d’assister au spectacle du Chat noir, mais d’y participer, comme acteur. L’adolescent des années 70 n’en demandait pas tant! 

Merci à tous, au Rififi et à la compagnie Clarance qui me permettent une fois de plus de m’embarquer – en votre compagnie! – pour un fabuleux voyage…
Et après, si vous voulez m’offrir un bock… Je serai votre homme!

Le Chat noir en tournée… Aux Batignolles !

Vendredi 14 sept. 2012 à 20h – Mairie du 17e, 18 rue des Batignolles, 75017 Paris

 Samedi 15 sept. 2012 à 15h et 20h,

Dimanche 16 sept. 2012 à 15h et 19h

Amphithéâtre du lycée Saint-Michel, 47 rue Ganneron, 75018 Paris

 

Par l’atelier d’histoire locale du 17e, coproduction Du Rififi aux Batignolles,

Compagnie Clarance, Les Mauvais Joueurs.

Après une absence de plus d’un siècle, les conteurs, poètes et chanteurs du célèbre cabaret de Montmartre, reviennent pour une tournée exceptionnelle aux Batignolles ! Retrouvez, pour un moment de rire, de chansons et de belles lettres, ce lieu désormais célèbre dans le monde entier, ressuscité pour vous, avec talent et humour, par l’atelier d’Histoire locale du 17e.

 Participations aux frais pleine : 8€ – PAF réduite (étudiants, chômeurs, retraités et de -18 ans) : 5 €

Réservation  par téléphone : 06 01 63 48 21




Signature et Chat noir… Qu’on se le dise!

7092012

Demain samedi 8 septembre, dans le cadre du festival « Du Rififi Aux Batignolles », je signerai mes livres

« Paris secret et insolite » et « Paris macabre »

Signature et Chat noir... Qu'on se le dise! 217946_4397424131311_1761593927_n-1

Rendez-vous à 15 h rue Davy, Paris 17e…

Je vous y rencontrerai avec plaisir!

ET : La semaine prochaine :

385993_4397175045084_929774898_n-1

Renseignements  sur  : www.lesmauvaisjoueurs.com 







orianedu34 |
coucoudu74 |
PROVE THAT YOU ARE THE BEST... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Peuples Hmong
| Glamorous Shine
| ECOLE NORMALE DE FILLES D'O...