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Archives pour décembre 2008

Le « Rothschild » des chats

Vers 1900, une Parisienne trépassa, abandonnant son chat Bis et une belle fortune. Elle laissait un testament où elle léguait tout son avoir à la municipalité du 3e arrondissement, à la condition expresse que Bis, jouissant d’une rente annuelle très élevée, soit pensionné jusqu’à la fin de ses jours dans une famille honorable. La municipalité, après avoir manifesté quelque réticence, agita la question de savoir où ce rentier coulerait son existence paresseuse. Bis fut mesuré par des naturalistes puis les édiles décidèrent d’un commun accord que le chat serait choyé dans une loge de concierge. Le contrat suivant fut passé entre la municipalité et l’hôtesse de Bis : « Mme C… s’engage à bien soigner le chat, à lui acheter chaque jour cinq centimes de foie et vingt centimes de lait. La municipalité versera tous les trois mois à Mme C… la somme de 55 francs, et conserve le droit de reprendre le chat et de le confier à une autre personne. »

 

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Nous ne savons pas si le contrat fut respecté, et comment ce chat rentier, qualifié de « Rothschild » par les titis parisiens, termina ses jours.

Mais où ai-je mis ma boussole?

Un papier paru hier dans « 20 minutes ». Ma modestie légendaire va encore en prendre un coup! Vous apprécierez comme moi les commentaires bien sentis du journaliste et des personnes interwievées. La « remaquette » est habituelle sur le marché. C’est, hélas, vrai. Pour chaque ouvrage c’est au moins un an de travail. Merci madame Bonneton, c’est beau de reconnaître le labeur accompli par ses collaborateurs… Mais la meilleure remarque émane de l’éditeur Benjamin Arranger (First Editions) : « les guides ne sont pas très compliqués à faire : les sujets et auteurs sont faciles à trouver ». Merci pour le « pas compliqué » et « facile ». Tout est beau et léger dans ce monde moderne : il suffit de se baisser pour trouver les auteurs, et de gratouiller le « déjà fait » pour publier un « livre original ». Il est vrai qu’une personne de ce monde merveilleux qu’est l’édition, m’avait dit un jour : « vous, les auteurs, vous n’êtes que des compilateurs. »

Le compilateur vous salue et vous présente ses meilleurs voeux pour 2009…

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Les Halles du futur : un vrai régal!

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Qui trouvera un nom à cette délicieuse pâtisserie bientôt construite aux Halles? Les architectes d’aujourd’hui renouent avec les courbes, quelle bonne nouvelle! Après le style « nouille » du très regretté Hector Guimard, le style « plat de nouilles ». Bon appétit!

« Si tu veux contrôler le peuple, commence par contrôler sa musique ». Platon

Naturellement, cela n’empêchera pas de dormir le plus grand nombre d’entre nous, mais cette nouvelle, qu’un mien ami a déniché dans l’édition du Monde du 13 décembre dernier, ne peut que me faire soupirer de tristesse : l’orgue du Gaumont Palace va partir en caisse pour une durée… indéterminée, comme d’habitude !

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Construit par la manufacture anglaise « Christie organs » et installé en 1932 dans la salle du Gaumont Palace, cet instrument de 14 rangs sur 4 claviers fut le plus grand importé en France.Ce type d’ orgue « de cinéma » fut inventé par Robert Hope-Jones. Il alliait à l’orgue traditionnel différents instruments d’orchestre tels que le xylophone, les cloches, les pianos, les tambours. . . Ces effets spéciaux étaient destinés à bruiter les films muets. Les cinémas parisiens « le Madeleine » et le « Paramount Opéra » étaient aussi équipés d’orgues de cinéma, hélas détruits.L’orgue du Gaumont servit d’attraction aux entractes et entre les séances. En 1973, le cinéma Gaumont Palace fut, hélas détruit (un immeuble hôtelier doublé d’un centre commercial défigurent depuis cet endroit fort touristique. L’orgue fut démonté par Alain Villain aidé du facteur d’orgue J.Probst. puis classé monument historique. En 1976, il fut acquis par la municipalité de Nogent-sur-Marne puis remonté au Pavillon Baltard. Depuis 2006, considéré comme étant trop coûteux à entretenir, cet orgue ne joue plus.

Je cite maintenant Le Monde : « Nous avons d’autres priorités », affirme Monique Croses, directrice du Baltard. La ville de Nogent veut l’offrir à qui paierait démontage et remontage (environ 150 000 euros). Toutes les grandes villes de France ont décliné l’offre. Marseille a cependant recommandé l’entreprise Dominique Richaud, de Nuits-Saint-Georges (Côte-d’Or). Très critique envers ce concurrent, Bernard Dargassis voudrait restaurer l’instrument dans son atelier.

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Las ! Jean-François de Canchy, directeur régional des affaires culturelles d’Ile-de-France, a fait savoir aux deux impétrants que, conformément à l’article L622-14 du code du patrimoine, les objets classés au titre des monuments historiques appartenant à une collectivité territoriale ne pouvaient être transférés à des particuliers. Retour à la case départ avec, à l’horizon 2010, un démontage et une mise en caisses qui aurait tout l’air d’une mise en bière »

On aura compris que, comme d’habitude, la loi de rentabilité passe avant tout. L’état, qui n’aime pas changer d’avis, préfère plutôt voir le fameux orgue finir en caisse que de transférer la propriété de cette pièce exceptionnelle… Une caisse de plus dans la grrrrande collection française!
Et si on s’offrait une caisse pour Noël ? Demandons là à monsieur de Canchy, qui sera ainsi notre Père Noël de l’année…

Mais cet important fonctionnaire ne doit pas aimer la musique…

 

Source pour l’historique : Wikipédia.

 

Petits marchés de Noël…

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Tel qu’il fut : Eric Moindron, persécuteur de mon ancêtre…

Après la publication sur le site du respectable Eric Poindron, de révélations sur le comportement ahurissant et scandaleux d’un mien ancêtre : Rodolphe Trouilloux, j’ai convoqué un conseil de famille dans mon cabinet de curiosités. Pour rétablir toute la vérité, même si elle n’est pas entièrement bonne à dire, Raymonde, Arsène, Ludivine, Anselme Trouilloux et moi-même (qui ne suis pourtant qu’un cousin bien éloigné) avons décidé de révéler à la face du monde, grâce à de précieuses archives toujours inédites, le comportement étrange et souvent indigne de Eric Moindron, persécuteur de notre ancêtre mais néanmoins inventeur de talent.

C’est en 1894, le 18 mai exactement, que Rodolphe Trouilloux fut abordé sur l’impériale de l’omnibus Batignolles-Clichy-Odéon, par un individus bien mis, souriant, chauve et aux petites lunettes cerclées d’or. Il se présenta en offrant un Bristol : « - Eric Moindron, président des « Explorateurs du subconscient ». J’ai lu vos livres. Vous me faites l’effet d’être un homme sérieux, compétent et sincère. Nous nous réunissons demain au Café des aveugles, Péristyle de Beaujolais, Palais Royal. Rien que des amis partageant nos convictions. » Et en descendant les marches du petit escalier de fer de l’omnibus, il termina par ces mots : –  » demain, vingt heures, venez, je vous attends! ».

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Le voilà, le visage du crime!

Le lendemain, alors qu’une petite pluie printanière couvrait de son onde la Ville lumière, Rodolphe se présenta à l’entrée du Café des aveugles. Ce rendez-vous l’intriguait beaucoup, car ce vénérable établissement était connu pour abriter les manigance de quelques gouapes et favoriser le commerce de l’impure à deux sous. Il descendit un infâme petit escalier et parvint au sous-sol. Là, une accorte limonadière lui retira son paletot tout en lui désignant du menton la direction de la salle.

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Voici publiée pour la première fois, un document inédit et troublant : la seule photographie connue du groupe des « Explorateurs du subconscient », baptisé plus laconiquement de « gang des chapeaux melons », par les services de police. Ces dix individus en goguette venaient de mettre au point leur immonde forfait. Il devait le mettre à exécution le lendemain même, à la nuit tombée. Pour marquer sa domination sur le groupe, Eric Moindron, agile comme un singe, était monté dans l’arbre.

 

C’était là le repaire du stupre et de l’anarchie. A côté d’une grande pièce, des sortes de renfoncements, cabinets particuliers qui semblaient creusés à même le roc, abritaient ordinairement des couples en débauche. Sur une scène, en fond de salle, une dixaine d’aveugles musiciens, enchaînaient des rengaines, scies populaires qui servaient plus à couvrir de leurs fausses notes les éclats de quelques lascivités qu’à flatter les oreilles des mélomanes.

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Découverts au cours d’une fouille de sauvetage d’un parking de Glacient sur Beuvron, ces deux complices d’Eric Moindron. Planqués depuis trois jours dans une cachette spécialement aménagée par leur patron, ces deux malheureux tentaient de découvrir l’incommensurable secret de Rodolphe Trouilloux. Couverts d’une doudoune pourtant très efficace, ils ont été raflés par la camarde dans une posture peu confortable et déshonorante. On admirera le pot de chambre placé entre les deux dépouilles. C’est un exemplaire rarissime de « récipient aux ordures », invention du gars Moindron présentée lors de l’exposition universelle de 1878 (prix d’estime, 3e classe, 2e catégorie).

Mais ce soir, rien de cela. Un silence de mort rêgnait dans ces lieux. Disposés en cercle, de sombres personnages, vêtus chacuns de redingotes prunes et coiffés de chapeaux melons, attendaient en silence. Eric Moindron était l’un d’eux. Il accueillit le nouvel arrivant et l’invita à s’asseoir : - »merci, cher ami, d’avoir répondu à cette invitation. Nous allons pouvoir commencer. » Après avoir dégusté une rasade de Clacquesin et s’être éclairci la voix. Moindron continua : « Messieurs, je n’ai pas à vous présenter Rodolphe Trouilloux, vous connaissez comme moi l’immortel auteur de ce fameux guide : « Paris insolite et secret », et vous avez pu apprécier, comme moi, la richesse de ses connaissances, de son style et de son remarquable humour.

Rodolphe était rouge de confusion. Etait-il venu dans ce lieu sordide pour quelque dédicace?

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Réclame

Moindron poursuivit : - »Mais cet auteur remarquable est beaucoup moins connu pour son ouvrage de référence : « Crue ou cuite, la femme » et surtout son étonnant « petites femmes, vivantes ou empaillées », un manifeste en forme d’hommage au corps féminin. Grâce à ses travaux, nous allons pouvoir enfin créer notre musée de la femme, grand oeuvre utile et universel ». J »étais abasourdi. Le Président de cette étrange séance fit alors circuler parmi l’assistance, de vilaines cartes postales marquées du sceau du « Musée du féminisme »! Femme-tronc, corps dénudés, et une étrange vitrines renfermant une collection inouïe d’yeux de verre présentés ainsi : « les yeux de femmes dans toute leur beauté sont comme des fenêtre ouvertes sur l’infini »! Un Clacquesin bien frais me rasséréna. Je voulais fuir, quitter ces lieux et cette assemblée indigne de l’espèce humaine… Quand mon voisin de gauche, gros homme à favoris, me dit tout de go : « ne partez pas, ou il vous en cuirait ». Dans le même temps il me montrait discrètement, cachée dans une poche intérieure, une dague très effilée…

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Le Président Moindron fit distribuer alors une feuille indiquant l’adresse suivante : « Liane des Méandres, 8 rue de Prony, Paris 17e (Monceau) ». Il s’agissait donc d’enlever une de nos plus jolies comédiennes, l’immortelle interprête des « Psaumes de la mélancolie », et de « Pas de ça ici! ». Mon idole! Celle dont je serrais avec tendresse et passion une photographie dédicacée ainsi : « Pour mon gros Loulou, sa Lianette sui l’adore »!

 

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Liane des Méandres, dans une oeuvre inspirée du peintre Alcide Choumaillard : La vérité sort du puits ou « couvrez-vous madame! »

Rendez-vous fut donné le soir-même à minuit dans le quartier de la Plaine Monceau, au n°4 rue de Prony, dans un terrain en friche. Nous devions tous porter un loup de velours noir et un haut de forme en signe de ralliement. L’enlèvement de Liane était prévu pour une heure du matin, moment le plus propice, quand les domestiques dorment et que les rues de quartier huppé ne livrent plus le passage qu’à des courants d’air…

Mais Eric Moindron, chef de cette redoutable bande, n’avait pas prévu qu’un homme allait se placer en travers de son chemin, et mettre ainsi en péril son projet criminel et diabolique : Rodolphe Trouilloux, défenseur de la femme et de son honneur!

 

(à suivre)

 


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