Archives pour mai 2009

Fanny, magicienne de Montmartre…

Comme les amis de nos amies sont nos amies, voici un court métrage où les « vedettes féminines », sont des copines… Eh oui, j’en ai de la chance!

Mademoiselle Fanny fera-t-elle disparaître votre serviteur dans son chapeau?

A montmartre, tout est possible!

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Vallée de misère : pitié pour les poules!

Vallée de Misère…

La chronique raconte que des hommes courageux amenaient à pied, du Midi à Paris, des cages remplies d’oiseaux. Ils devaient rejoindre ensuite la petite place située devant le portail de Sainte-Geneviève-la-Petite, près de Notre-Dame. Là, vers la fin du XIIIe siècle, seuls deux ou trois marchands d’oiseaux vendaient leurs volatiles. Des oies, paons, cygnes, étourneaux et bien d’autres espèces étaient proposés aux amateurs. Le roi ou des particuliers garnissaient leurs somptueuses cages fermées de fil d’archal, des oiseaux les plus divers, du serin à l’oiseau-mouche. Les plus grands chanteurs étaient très prisés, ainsi que les oiseaux habillés des plus rutilantes couleurs.

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La vente à la criée des volailles aux Halles de Paris vers 1900

De Sainte-Geneviève, les oiseleurs transportèrent leurs cages au Pont-au-Change puis à la « Vallée de Misère », près de la Seine (notre quai de la Mégisserie), mais ce lieu venteux et froid ne convenait pas bien à l’exercice de cette profession.
En 1402, Charles VI autorisa leur retour sur le pont au Change, tous les dimanches.
Ce n’était pas pour plaire aux nombreux orfèvres qui occupaient ce pont. Ils essayèrent de faire chasser les intrus, sans succès, un arrêt reconnaissant même la légitimité des oiseleurs « que les supplians ont leur maisons accoustumées à ceste charge de laisser les oyseleurs mettre et attacher leurs cages contre les ouvroirs et maisons, pourvu que l’on y mette des oyseaux tant seulement, et non point des chiens, lappins et autres denrées… ».
Les esprits échauffés ne s’apaisèrent pas pour autant, et les oiseleurs firent appel à un huissier pour planter les clous et accrocher leurs cages. Après le départ de l’homme de loi, des gros bras appelés par les orfèvres décrochèrent les cages et les piétinèrent, et donnèrent une telle raclée aux pauvres oiseleurs que ceux-ci n’osèrent plus fréquenter le pont. Les meneurs furent condamnés et les marchands d’oiseaux placés sous la protection du roi.
Le nombre croissant des oiseleurs provoqua leur retour progressif vers cette Vallée de Misère si peu accueillante. Un texte réglementant leur profession fut enfin rédigé en avril 1600. Il interdisait la chasse aux « petits oiseaux de chant et de plaisir » sur le territoire royal ou les seigneuries sans autorisation préalable. Cela concernait les serins, tarins, fauvettes, rossignols, cailles, linottes, chardonnerets, pinsons, alouettes, sansonnets, merles… Pendant une période couvrant la mi-mars à la mi-août toute chasse était interdite pour favoriser la bonne reproduction des espèces.
À la Vallée de Misère, les professionnels pouvaient vendre leurs oiseaux les dimanches et certaines fêtes non chômées. Cela devait être un formidable spectacle. Les maîtres oiseleurs accrochaient leurs cages le long des murs et les bourgeois vendeurs n’étaient autorisés qu’à tenir en main deux oiseaux, au beau milieu de la place.
Le jour d’entrée du Parlement, les nouveaux serins et canaris étaient présentés dans la cour du palais puis offerts aux bourgeois et au gouverneur de la volière du roi. L’après-midi, la vente en était autorisée à la Vallée. Venant du Havre ou de Dieppe, les oiseaux mâles et femelles étaient séparés, les premiers étant plus appréciés pour la qualité de leur chant.
Les marchands d’oiseaux venaient des horizons les plus divers. On pouvait rencontrer à la Vallée des Béarnais, des Allemands, des Tyroliens venus vendre leurs chardonnerets, serins ou perroquets. « Il venait à Paris quelques Suisses au printemps et à l’automne. Ils s’installaient faubourg Saint-Antoine au fameux cabaret À la Boule Blanche, apportant avec eux sur leur dos, en forme de balles, des milliers de serins. Ces oiseaux, très appréciés, assuraient un bon gain à ces marchands, et le chant exceptionnel de l’un ou la couleur d’un autre faisaient monter les prix. De grandes dames, au XVIIIe siècle, s’improvisèrent dresseuses de serins pour les vendre quai de la Mégisserie.


Les oiseleurs, réunis en corporation, placés sous la protection de saint Jean l’évangéliste, possédaient un blason : sous un agneau pascal, un oiseleur à genoux lâche des oiseaux. C’est une belle illustration de l’obligation qui leur était faite depuis 1402 de procéder « en signe de joie et de liberté » au lâcher de 400 oiseaux pour le sacre des rois ou l’entrée des reines. Le jour de la Fête-Dieu, chaque maître était tenu de donner deux oiseaux qui étaient lâchés devant le Saint-sacrement dans l’église Saint-Germain-l’Auxerrois.


Cette belle tradition fut respectée pendant plusieurs siècles. Quand Louis XI passa sur le pont au Change le 31 août 1461, 2 400 oiseaux divers furent libérés. Il en fut de même en 1722, pour le sacre de Louis XV, en 1751 pour l’accouchement de la Dauphine, ou en 1775, pour le sacre de Louis XVI.
En 1776, la profession fut libérée définitivement, mais l’édit annonçant cette décision n’oublia pas d’indiquer que les oiseliers « tenus d’observer la coutume ancienne d’allégresse » devaient respecter leurs engagements et continuer leurs lâchers d’oiseaux si nécessaire.

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Adieu poulets

Depuis plus de six siècles, dans la « Vallée de Misère », les Parisiens venaient acheter leurs volatiles, exposés dans des cages, en plein air. Un arrêté municipal de 1999 a mis fin à cette tradition. Il est désormais interdit de présenter sur la rue les poules, pigeons, coqs et dindons, sous peine d’amende. Pour plaire à quelques touristes – Allemandes et Américaines – qui s’indignaient de voir ces volailles respirer près des pots d’échappement, et qui n’hésitèrent pas à porter plainte auprès des autorités, les édiles parisiens ont décidé de bannir les bêtes du quai de la Mégisserie. Les poules et leurs congénères vivent maintenant beaucoup plus sainement, dans les arrière-boutiques ou dans les caves, sous les néons…
Les commerçants ont dû se résigner – non sans avoir protesté – à ranger les cages. Le passage sur rue est nettement plus facile, mais moins pittoresque.


Reverrons-nous un jour dehors le doux pelage d’un lapin angora, les plumes luisantes d’une poule nègre-soie, ou l’émouvant regard d’un lapin géant des Flandres? Rien n’est moins sûr. Des habitants du quartier, de mauvaise foi, bien entendu, désolés de voir disparaître ce méli-mélo animal, ont sournoisement laissé entendre que si ces bêtes souffraient de la pollution, il serait peut-être plus sage d’interdire les voitures. Des automobiles à l’air libre – mais vicié – contre des volailles confinées sous des éclairages blafards. Décidément, nous vivons une drôle d’époque…

« Ils peuvent et ne croient pas pouvoir »

Possunt, nec posse videntur.

(« Ils peuvent et ne croient pas pouvoir ») Virgile : l’Enéide, livre V, vers 231.

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Un grand moment pour l’auteur de Paris secret et… insolite que cette visite du restaurant « Dans le noir » de la rue Quincampoix. Un accueil courtois, des explications claires, et me voilà embarqué avec quelques amis dans une curieuse expérience : manger dans le noir total.

J’étais un peu tendu lors de mon arrivée et ce fut de mal en pis : le grand aventurier parisien, tenant l’épaule de sa voisine pénétra dans l’obscurité et… paniqua au bout de deux mètres!

Et… n’écoutant que son courage, il s’enfuit vers la lumière!

Heureusement, sa femme revint, pour le calmer et lui prendre la main : « c’est pas grave chéri… »

Submergé par la honte et le déhonneur – et attendant la fin de la pluie battante – le voyageur parisien repartit dans la rue… et s’éloigna.

« Quelqu’un de nous s’avisa de demander à notre aveugle s’il serait bien content d’avoir des yeux : « Si la curiosité ne me dominait pas, dit-il, j’aimerais bien autant avoir de longs bras : il me semble que mes mains m’instruiraient mieux de ce qui se passe dans la lune que vos yeux où vos télescopes; et puis les yeux cessent plutôt de voir que les mains de toucher. Il vaudrait donc bien autant qu’on perfectionnât en moi l’organe que j’ai, que de m’accorder celui qui me manque. »

 

Denis Diderot
“ Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient ”

Mille pardons Morgane! J’espère ne pas avoir trop gâché l’anniversaire de tes vingt ans!

 

 

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré…

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Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
D’où sort cette chanson lointaine
D’une péniche mal ancrée
Ou du métro Samaritaine

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
Sans chien sans canne sans pancarte
Pitié pour les désespérés
Devant qui la foule s’écarte

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
L’ancienne image de moi-même
Qui n’avait d’yeux que pour pleurer
De bouche que pour le blasphème

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
Cette pitoyable apparence
Ce mendiant accaparé
Du seul souci de sa souffrance

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
Fumée aujourd’hui comme alors
Celui que je fus à l’orée
Celui que je fus à l’aurore

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
Semblance d’avant que je naisse
Cet enfant toujours effaré
Le fantôme de ma jeunesse

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
Vingt ans l’empire des mensonges
L’espace d’un miséréré
Ce gamin qui n’était que songes

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
Ce jeune homme et ses bras déserts
Ses lèvres de vent dévorées
Disant les airs qui le grisèrent

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
Baladin du ciel et du coeur
Son front pur et ses goûts outrés
Dans le cri noir des remorqueurs

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
Le joueur qui joua son âme
Comme une colombe égarée
Entre les tours de Notre-Dame

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
Ce spectre de moi qui commence
La ville à l’aval est dorée
A l’amont se meurt la romance

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
Ce pauvre petit mon pareil
Il m’a sur la Seine montré
Au loin les taches de soleil

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
Mon autre au loin ma mascarade
Et dans le jour décoloré
Il m’a dit tout bas Camarade

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
Mon double ignorant et crédule
Et je suis longtemps demeuré
Dans ma propre ombre qui recule

Sur le Pont Neuf j’ai rencontré
Assis à l’usure des pierres
Le refrain que j’ai murmuré
Le reve qui fut ma lumière

Aveugle aveugle rencontré
Passant avec tes regards veufs
Ô mon passé désemparé
Sur le Pont Neuf

Louis Aragon

Paris secret et insolite : TGV magazine mai 2009

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La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur

Devant la porte cochère d’un immeuble, sur le trottoir du boulevard Saint-Michel, cette déclaration

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La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu,
C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseau du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

 

Parfums éclos d’une couvée d’aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l’innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.

PAUL ELUARD

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Un orme, en souvenir du « Vieux chêne »…

Une enseigne bien conservée et visible au Musée Carnavalet : l’orme Saint Gervais, en bois sculpté, provenant de la boutique d’un taillandier de la rue du Monceau transferée ensuite rue Vieille-du-temple. 

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L’enseigne en place au-dessus de la boutique 

Paris qui fout le camp : le vieux chêne (suite)…

Jacques Yonnet en avait parlé de manière très imaginative dans son magnifique livre Paris des maléfices. J’en ai parlé en créant ce blog. Mais qu’est-donc devenue l’enseigne du Vieux Chêne qui ornait le n°69 rue Mouffetard?

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Disparue… Pfuitt!… Bousillée au moment d’un vilain ravalement? Rien! Personne ne le sait? Bizarre…

Mon sang n’a fait qu’un tour en voyant l’espèce de truc bizzare que certaines personnes ont crû bon de devoir substituer à l’enseigne défunte. Serait-ce du plastique… pardon… de la résine? Du bois? Du métal?

Si cette chose est censée remplacée l’enseigne d’autrefois, c »est raté!

On demande l’Architecte des Bâtiments de France qui doit bien être au courant de cette affaire. L’enseigne d’origine a-t-elle été déplacée? Oui? Non?

Qui saura me renseigner?

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L’ancienne enseigne, finement sculptée, on aperçoit les glands…

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Le « machin » en forme de vieux chêne. On dirait plutôt un plat de nouilles ou un nid de serpents grouillant. Qui est l’auteur de ce bidule infâme? On appréciera la couleur!

« Revenus à la rue Mouffetard, nous sommes au n°69, devant la maison à l’enseigne du Vieux-Chêne : dans l’entre-fenêtres du premier étage, l’arbre étale ses branches feuillues auxquelles viennent se mêler des glands; cette sculpture peinte servit d’enseigne en 1848 à un club révolutionnaire, puis à un bal, jusqu’en 1882. Tout à côté, entre deux colonnes. qui supportent l’un fronton à médaillon, est l’entrée d’un lavoir; le drapeau-enseigne pend au fronton. » (Charles Fegdal, Vieilles enseignes de Paris, Paris, 1913).

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Une ancienne vacherie… rue Mouffetard


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