La parité au bordel!

Je suis resté sans voix à la lecture, dans un bistrot de la rue Saint Honoré, jeudi dernier, d’une page de titre du « Parisien »: on y évoquait l’éventuelle réouverture des maisons closes ! Il paraît que madame Chantal Brunel, une honorable députée UMP de Seine et Marne, s’apprête à plancher sur le sujet, à partir du 25 mars, au ministère de l’Intérieur. Nous voilà bien !

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Le célèbre « 106″ boulevard de la Chapelle, qui devint une annexe de… l’Armée du Salut, après la fermeture!

 

Michèle Barzach, ministre de la Santé en son temps, évoqua, elle aussi, la « réouverture » puis, en 1990, une certaine Françoise de Panafieu, patineuse à roulettes fraîchement élue vice-présidente du groupe UMP à l’Assemblée, avait remis le couvert : « Pourquoi la prostitution ne s’exercerait-elle pas dans des lieux précis, maisons closes ou autres structures ? »
C’est bien vrai. Un bel établissement avec pignon sur rue : « au panier fleuri » ou « aux bleuets » avec eau, savonnettes, et serviettes éponges à tous les étages, voilà une belle image de la modernité !
Comme nous aimons beaucoup les sondages, fort exacts, comme l’a démontré une récente actualité, le Parisien indique que « 59% des Français se disent favorables à la réouverture des maisons closes ».
59 % de queutards dans notre beau pays de France ! Tiens, v’là l’printemps !
En 1946, au moment de la « fermeture » en application de la loi Marthe Richard – une sacrée luronne – on comptait alors 1 400 bordels en France dont 300 dans la capitale. Depuis la loi sur la sécurité intérieure votée en 2003 qui crée le délit de racolage passif, une « gagneuse » risque deux mois de prison et 3 750 euros d’amende. Le client, lui, n’est pas poursuivi.
Cette proposition d’une réouverture des « maisons » – modernes – est tout de même surprenante quand on réalise qu’elle émane d’une femme. Doit-on rappeler à madame la députée que les bordels furent, en France – il le sont encore ailleurs – des lieux d’exploitation humaine particulièrement dégradants ?
Il suffit de lire « la fermeture », un excellent ouvrage de Boudard pour comprendre la triste réalité quotidienne que vivait les « filles » des bordels de France.

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Les petites serveuses du « ONE TWO TWO »

Pour un « Sphinx » propre et luxueux, ou un « ONE TWO TWO », (122 rue de Provence) combien de maisons d’abattage où les filles « connaissaient » plusieurs dizaines de « michés » par jour ?
Et savez-vous, madame la députée, comment finissaient – et finissent – les filles, vieillies, usées ? Doit-on vous faire un dessin et vous expliquer comment fonctionnait le « Dropol », un bordel parisien de putains en solde ?
« En remettant le débat sur la table, Chantal Brunel, qui vient par ailleurs d’être nommé rapporteure générale de la parité entre les hommes et les femmes, espère « sortir les prostituées de la rue et de la clandestinité ». Une situation qui, selon la députée favorise la violence, la clandestinité et la mainmise des réseaux mafieux. »
Tout cela est magnifique : la parité au bordel ?
Quant aux réseaux mafieux, ils ont été et seront toujours de la partie. La fille perdue, qu’elle soit Allemande, Polonaise ou Française, sera toujours une pauvre pute soumise à la volonté des hommes.
Alors, laissons les bordels fermés et, pour une fois, nous pourrons vraiment être fiers de la France, pays des « droits de l’homme » et… des femmes, ne l’oublions jamais.

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4 commentaires à “La parité au bordel!”


  1. 0 SEB 18 mai 2010 à 21:19

    La prostitution est une réalité et, puisqu’elle est là, n’est-il pas préférable que cela se passe dans des conditions de sécurité et d’hygiène les meilleures ?

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  2. 1 Gabrielle 4 juin 2010 à 9:26

    Je découvre votre blog, venant de celui de Louvreboite. Je ne peux qu’être d’accord avec votre indignation. La prostitution est une réalité en effet, que j’estime malheureuse. Pour autant doit-on l’accepter au point de la favoriser ? Il est beau l’idéal d’un Etat qui sous prétexte de tenter d’améliorer un mal existant lui offrirait toute légitimité d’exister.
    L’argument des meilleurs conditions de sécurité ou d’hygiène me parait biaisé : il compare les plus misérables des femmes maintenues dans des conditions déplorables avec les luxueux bordels. Institutionnaliser la prostitution ne ferait à mon avis qu’établir officiellement sans la changer la situation qui existe déjà : des réseaux fonctionnant avec un minimum de sécurité et d’hygiène, d’autres n’étant qu’un esclavage pur et simple.
    Comment un état qui se veut démocratique pourrait-il soutenir officiellement l’exploitation du corps et de la vie d’êtres humains dans ce qu’ils ont de plus intime vendus à la jouissance de quelques autres et généralement toujours les mêmes ? -il y aurait parité si l’on pouvait trouver autant de prostitués que de prostituées mais surtout autant de clients que de clientes.

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  3. 2 Staiffi 30 juil 2011 à 14:45

    En Algérie les bordels existent toujours et pourtant c’est un pays « Arabe »… Avant l’indépendance ces bordels étaient aménagés pour recevoir une clientèle arabe ou française. A Sétif par exemple il existait un bordel français appartenant à la famille Fantano ( oeufs et volailles sur l’annuaire téléphonique…).Autour de ce bordel, plusieurs autres avaient comme pensionnaires que des musulmanes.

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  4. 3 Lakùr 3 mar 2022 à 13:20

    Plutôt que d’essayer, par tout les moyens, même les moins avouables, d’éradiquer la prostitution, ce qui reviendrait à tenter de vider les océans du globe avec une écumoire, il serait plus judicieux de l’encadrer, et que les prostitué(e)s aient un statut social qui les protège contre les abus de toute sorte. Que le statut desdites personnes soit assuré entre autres par une carte professionnelle (comme d’autres professions, comme les taxis), obtenue suite à un diplôme incluant, par exemple, des connaissances médicales, culturelles (Maupassant, Louÿs, mais pas que), linguistiques, et également un art martial. Ledit diplôme aurait soit un niveau de CAP pour les débutant(e)s, soit de BTS pour les plus confirmé(e)s qui leur ouvrirait les portes de l’artisanat. Reste le problème dû au proxénétisme. Là, c’est plus épineux. Pour bénéficier financièrement des prestations d’une autre personne qui exécute des prestations sexuelles payantes, il faudrait justifier de s’être soi-même prostitué pendant au moins cinq ans. Ça rafraîchirait peut-être les ardeurs de nombre de julots-casse-croute.

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