Archives pour mai 2010

Feu Landru : défenseur de la femme au foyer!

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Dans ma bibliothèque : la poésie du chemin de fer en 1837

Le XVIIe arrondissement est doublement redevable aux frères Pereire. Créateurs du nouveau quartier de la plaine Monceau, ils sont aussi à l’origine de l’implantation d’une invention qui révolutionna le monde : le chemin de fer. Pensant déjà que Paris se développerait vers l’Ouest, ils choisirent pour terminus de la future ligne la ville de Saint-Germain-en-Laye.

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Quand, en 1832, ils présentèrent leur projet, ils durent affronter des hommes politiques méfiants qui ne voyaient dans cette invention qu’un amusement sans avenir. Trois ans plus tard, le 9 juillet 1835, Louis-Philippe signait une loi permettant à Émile Pereire de réaliser cette entreprise à ses frais, risques et périls. Il fallut alors regrouper la somme suffisante pour commencer les travaux, trouver des partenaires. Ce ne fut pas chose facile. Une société anonyme fut constituée. On trouvait parmi les membres fondateurs James de Rotschild, Adolphe d’Eichtal, Samson Davillier … Les travaux furent menés tambours battants par les grands ingénieurs Clapeyron, Stéphane et Eugène Flachat. Mais il fallut surmonter une difficulté beaucoup plus grande que l’opposition d’un ministre : traverser la colline de Monceaux de part en part. La seule solution envisageable était de construire un long tunnel de 311 m. Des quolibets fusèrent alors de toute part, l’idée de traverser ce tunnel dans l’obscurité angoissant bon nombre de contemporains. François Arago déclara : « J’affirme sans hésiter que dans ce passage subit, les personnes sujettes à la transpiration seront incommodées, qu’elles gagneront des fluxions de poitrine et des pleurésies. » Un autre mit en garde les futurs voyageurs contre la « fugace succession des images devant enflammer la rétine ». Cependant, au grand étonnement des parisiens, les travaux continuaient, on nivelait, on creusait sous les yeux moqueurs des badauds du dimanche, comme le rapporte le « Moniteur » du 3 août 1836 : « Les travaux du chemin de fer de Paris à Saint-Germain sont en pleine activité sur toute la ligne, quoique les travaux de la moisson aient rendu les ouvriers assez rares. Si l’on pouvait juger, par ce qui a lieu aujourd’hui de l’influence que cette communication exercera sur les localités qu’elle traverse, les résultats en seraient extrêmement favorables. C’est surtout une source de prospérité pour la commune des Batignolles-Monceaux, toutes les auberges de la barrière Monceaux sont encombrées, aux heures des repas, par les cinq cents ouvriers qui travaillent dans le souterrain de Paris et dans le terrassement de la plaine des Batignolles. Le mouvement des curieux, qui se transportent dans la plaine pour voir les manœuvres des wagons sur les chemins de fer provisoires déjà établis sur une grande longueur, entretient dans la commune une activité extraordinaire. »

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L’embarcadère de la rue de Londres, ancêtre de notre gare Saint-Lazare

A la fin du mois d’août 1837, l’inauguration du chemin de fer fut organisé à l’embarcadère de la rue de Londres. Pour rassurer les inquiets, la Reine Marie-Amélie qui monta la première dans cette « voiture aérienne », suivie de ses filles. Le roi présidait cette cérémonie, mais ne grimpa pas dans l’engin aux côtés de son épouse, le conseil des ministres s’y étant vivement opposé … Le train orné de fleurs, de guirlandes et de drapeaux s’ébranla enfin et « La musique de la garde nationale joua des fanfares pendant le trajet. Personne ne s’enrhuma sous le tunnel, la locomotive n’éclata point, les wagons ne déraillèrent pas et l’on pu croire qu’un voyage en chemin de fer n’était pas nécessairement mortel » (Maxime du Camp). Le lendemain, ce fut au tour des ministres et de quelques grands personnages d’essayer la nouvelle invention. Ils n’étaient pas très hardis et firent un gros effort pour se donner bonne contenance. La côte de Saint-Germain étant trop rude à monter, le premier terminus de la ligne se trouvait au Pecq. Une diligence fit, dans un premier temps, la liaison avec Saint-Germain-en-Laye.

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J’ai découvert récemment le texte qui suit, assez poétique, extrait du livre de Claudius (Charles Claude Ruelle) Almanach Claudius pour 1838 : chemins de fer et voitures à vapeur. Il présente le grand intérêt d’être contemporain des débuts du chemin de fer aux Batignolles.

 

 

« On sait quelle affluence se porte chaque jour, chaque dimanche surtout, à cette rue de Londres, que la plupart des habitants de Paris connaissaient à peine de nom. Dans la première semaine, le nouveau chemin n’a pas porté moins de 37286 voyageurs; le nombre des voyageurs s’est élevé, dans la seconde semaine à 59 913; malgré les pluies, le chiffre total des vingt-cinq premiers jours a dépassé 130,000. Cette fête n’a pas été, tant s’en faut, tout ce qu’un peu d’art eut pu la faire; n’importe, ç’a été une grande fête; c’est, à cette heure ici même, une grande fête encore; une fête que nos petits-fils ne concevront qu’à grand’ peine, obligés, pour partager notre éton-nement, de se reporter, par un ef-fort d’imagination, au point où cette nouveauté nous a pris; de même qu’il faut nous reporter aux quatorze et quinzième siècles pour nous figurer la surprise et la joie (peut-être aussi l’orgueil) de ceux qui virent les premiers Interrogez ceux qui, venus le 26 août, après leur journée faite, et marchant de nuit, par la plaine, au devant des derniers convois attardés, virent les premiers le fantastique appareil comme il le faut voir pour emporter de sa vue un profond sentiment de ses destinées futures; qu’ils vous parlent de ce point rouge confondu d’abord avec les lumières lointaines de la route; de ce fanal qui, devenu mobile, grandit peu à peu et qu’un bruit croissant précède; c’est véritablement d’un moulin que l’oreille annonce l’approche, mais l’œil est bientôt détrompé.

Qu’ils essaient de vous peindre ce char étrange aux roues de feu, survenu subitement et passé de même, semant de tisons la route qu’il illumine, et lançant au vent ses jets de fumée et d’étincelles; puis, sous la lueur de cette fournaise qui marche, quel travail précipité! quelle agitation désordonnée! quel combat! nulle vibration de bras qui puisse donner une idée de ce terrible va et vient, de cet entraînement frénétique; et derrière, qui rendra l’effet écrasant de ces grandes masses sombres que l’œil ose à peine. compter, que l’imagination la plus hardie n’oserait soulever, et qui pourtant glissent au-dessus de votre tête comme un oiseau? Devant ce tournoiement qui n’a rien d’humain, devant cette rangée de maisons qui fuient au pas de course, vous restez anéanti. D’un peu plus loin, vous eussiez dit je ne sais quel corps étranger, à la terre, je ne sais quelle planète égarée. Ce nocturne spectacle semble fait pour nous initier à ces furieux mouvements dont les chiffres astronomiques nous parlent avec tant de froideur; renouvelé chaque soir, il est à penser qu’il aura bientôt perdu ce qu’il a de bizarre. De jour, l’effet est tout autre; la planète s’humanise; le char de feu est un char de fer, de bois, de cuivre; plus d’étincelles jaillissantes ni de cendres rougies; la fournaise éteinte ou jette à peine un pâle reflet blanchâtre. Quant aux grandes masses sombres, elles ont disparu; à leur place, on ne voit plus que chariots à jour, parés de leurs voyageurs et de leurs voyageuses; que brillantes berlines, que spacieux char à bancs allégés par l’air et la lumière. Et cependant lorsque l’on fixe, au passage, ce même travail précipité de l’essieu et des bras de fer qui le manient; quand on voit ces longues et populeuses voitures sortir successivement les unes des autres comme les compartiments d’une lunette d’approche, et développer devant soi un train de dix, quinze, vingt, vingt-cinq et trente omnibus où l’œil en supposait à peine trois ou quatre, – la surprise, pour. être moins accablante, est forte encore; l’esprit se reporte vers la voiture vivante à laquelle tout ce poids immense obéit : animal d’espèce toute nouvelle, mystérieuse bête de somme dont on voit l’humide haleine, dont on entend l’essoufflement entrecoupé et qui, au plus fort même de son effroyable énergie, nous associe au sentiment de sa fatigue. Plus rapprochée des choses terrestres, cette image que le soleil co-lore, pèse moins à l’esprit et lui laisse plus de ressort vers les que-tions d’une curiosité sérieuse. Ce n’est pas assez d’avoir vu cette nouvelle merveille, ce n’est pas assez de l’avoir vue de nuit et de jour, il faut en faire l’essai; il faut monter ce coursier d’invention humaine; il faut traverser, à sa suite, souterrains, arceaux de pont, villages, plaines, bois, rivière; il faut voir fuir, près de soi, la poussière du chemin comme un courant torrentueux, ou bien comme une toile ondoyante soulevée par le vent; il faut voir les ouvriers de la route passer, emportés de toute pièce dans leur immobilité, comme des figures de carton sur une décollation mouvante.

C’est surtout lorsque vous voyez un long train stationnaire de ces tombereaux qui servent au transport de déblais, que l’indicible entraînement avec lequel ils arrivent et disparaissent l’un après l’autre, vous donne , d’une façon expressive, la mesure de la vitesse qui vous emporte; la balustrade du pont tournoie et s’agite comme un serpent blessé; les piles des ponceaux apparaissent tout à coup comme un dernier écueil; l’ombre que leurs arceaux projettent, fugitive comme l’éclair, produit une pénible sensation de soufflet inévitable; à certains moments l’on pourrait croire que l’on ne touche plus la terre. Quant aux objets éloignés ils ne se déplacent pas mais se rapetissent; le voyageur n’a pas le temps de corriger, à leur égard, la perception que l’œil en donne; diminués de grandeur, ils semblent sur un plan plus reculé.

Arrivée au port après avoir fait, en vingt-cinq ou trente minutes, ses quatre lieues et demie, la foule que vomit cette longue file de voitures, tout en examinant l’ingénieuse manière dont elles sont liées entre elles, s’empresse d’aller voir l’animal qui les a traînées; elle voudrait faire plus ample connaissance avec lui; elle voudrait savoir comment il se nourrit, comment il digère, comment il respire, comment il marche; mais il est arrêté et l’on rie voit plus rien qu’un fourneau ardent, une cheminée qui fume, un jet de vapeur qui siffle; ces roues qui tout à l’heure faisaient rage, elles sont fixes; ces bras de fer qui maniaient tout à l’heure cet essieu avec tant de hâte et de force, ils sont immobiles; on voudrait suivre l’eau de son point de départ à son arrivée, de son entrée à sa sortie, mais trop d’obstacles s’y opposent, trop de tiges, trop de bièles, trop de coudes articulés donnent le change au spectateur, vus au-dehors sans que s’aperçoive leur corrélation avec le dedans; et puis, ce n’est pas le moment d’obstruer les abords de la machine; un gardien a pour consigne de faire écouler la foule. Il faut donc passer sans avoir tenté d’éclaircir le mystère, ou bien après y avoir décidément renoncé, on n’y comprend rien est le dernier mot de plusieurs. »

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La ruée vers l’or? Non, Emile et Isaac Péreire, à droite de l’image (coll. part.)

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Au boulot!

Retour à Paris après des vacances rudement bien méritées! Bon… Il me faut reprendre la main pour alimenter ce blog…

Au boulot mon gars!

 

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Avril 2010, rue Cortot, Paris 18e


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