Archives pour mars 2011

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La mémoire de l’ami Gérard n’est pas que photographique, mais quand il vous embarque dans le monde de ses images, vous pouvez être sûr de faire un fabuleux voyage. 

Ici, pas de photo chichiteuse, complaisante. Non, le sieur Lavalette est capable de vous raconter une histoire pour chaque instant saisi par son petit oiseau. Il est de ceux qui aime les gens et cela se sent sur chacune de ses photographies. Le Paris populaire existe encore, mais  il faut un « oeil » comme celui de l’ami Gérard pour le dénicher. Gérard porte la casquette « sur le côté », comme les mauvais garçons. C’est un Parigot pur et dur, voyeur pour la bonne cause, mais aussi sensible et pudique. 

Alors, faites comme moi : délaissez les feuilletons amerloques et les jeux télé à la gomme et venez voir la « Mémoire de zinc » de Gérard. Et, qui sait? Vous repartirez peut-être avec une de ses photos. Celle-ci remplacera avantageusement le calendrier des PTT genre chatons à mémé ou le portrait de votre idole gominée. 

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Un jour, il y a bien longtemps, j’ai rencontré un petit gosse qui m’avait avoué ne pas aimer mes photo, « parce que ça bouge pas et que c’est pas en couleurs ». Je lui ai alors répondu tout simplement que le mouvement et les couleurs, il les trouverait dans sa tête. Je ne croyais pas si bien dire : le môme a grandi et il est aujourd’hui… romancier.

Allons rêver avec Gérard Lavalette en admirant ses silhouettes contemporaines…

Et, en attendant, à la bonne vôtre!

EXPOSITION VENTE DU 25 MARS AU 7 MAI 2010.
OUVERTURE TOUS LES JOURS SAUF DIMANCHE DE 15H A 19H.

 

GALERIE MARGES
3 RUE JULES VALLES
PARIS 75011

 

Le printemps est arrivé à Montmartre!

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© Photo Rodolphe Trouilleux

Promenons-nous ensemble à Montmartre en 1886…

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Ma prochaîne conférence – projection :

LE FONDS HENRI DAUDET

DU MUSEE DE MONTMARTRE

Promenade à Montmartre en 1886…

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« H.D. », deux initiales que le photographe et fonctionnaire Henri Daudet grava au bas des 76 plaques photographiques qu’il réalisa entre 1886 et 1890 pour le Vieux Montmartre. L’idée des membres fondateurs de la Société Historique et Archéologique du Vieux Montmartre était de conserver, pour le futur, l’image des paysages et sites de la Butte et des alentours. Au cours de cette conférence, la projection de l’intégralité des images retrouvées nous permettra de nous promener, grâce à Henri Daudet, dans les rues de la Butte à la fin du 19e siècle. Nos pas nous conduiront ainsi jusqu’à la Chapelle et nous rencontrerons aussi au cours de ce véritable voyage à travers le temps, les écoliers du 18e arrondissement vêtus de leur plus beaux atours !

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Jeudi 31 mars 2011 à 19 h.

Sur réservation au 01 49 25 89 39 – infos@museedemontmartre.fr

Musée de Montmartre – Hôtel Demarne 12 rue Cortot 75018 Paris

Gratuit pour les adhérents du Vieux Montmartre

5 € pour le public extérieur

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Pour toutes les photos de cet article : © Photo Henri Doucet / Collection du Musée de Montmartre

Les moustaches de Henri IV à Montmartre!

Dans le prolongement de la fameuse histoire de la tête de Henri IV, voici l’extrait d’un ouvrage du 19e siècle publié par Georges d’ Heylli :  Les tombes royales de Saint-Denis : histoire et nomenclature des tombeaux, extraction des cercueils royaux en 1793, ce qu’ils contenaient, les Prussiens dans la basilique en 1871. Paris, Librairie générale, 1872. On y découvre cette autre histoire, toute aussi fameuse, des moustaches du roi Henri. Il faudrait pouvoir démêler le vrai du faux dans ces récits, mais ils sont bien intéressants et amusants à lire. 

« … lors de l’extraction du corps de Henri IV, trouvé en état de parfaite conservation, un soldat zélé et fanatique arracha un frag­ment de la barbe du bon roi et l’emporta avec lui comme un talisman ou comme un trophée (1). C’est ainsi du moins que le procès-verbal des exhumations raconte la chose.

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Royales moustaches!

Or, le Journal de Paris du lundi 29 août 1814 rapportait que « M. le chevalier Dubos, sous-préfet de Saint-Denis, avait eu l’honneur de présenter au roi un tableau sur lequel sont fixées deux dents de Henri IV, sa moustache et une manche presque en­tière de la chemise avec laquelle il avait été enseveli. .Ces précieux restes avaient été recueillis, à l’époque de la profanation des tombeaux, par feu le sieur Desingy, alors suisse de l’abbaye, qui les a sauvés aux risques de sa vie; ils étaient restés jusqu’à présent entre les mains de sa veuve, qui aspirait depuis longtemps à les rendre à la famille à nos souverains. »

Quarante-huit ans après, le 25 décembre 1866, M. Jules Claretie racontait dans le Figaro, à propos de la découverte et de la réintégration de la tête de Richelieu à la Sorbonne, que la moustache arrachée à Henri IV par le soldat qui figure dans ie procès-verbal précité se trouvait « conservée en ce moment, fin 1866, chez un bon bourgeois de Montmartre. »

En réponse à cette assertion, le jeune journaliste reçut la lettre suivante :

« Charlieu (Loire), ce 7 décembre 1866.

Monsieur,

Je vois, en lisant dans mon journal votre chroni­que d’avant-hier, qu’un bourgeois de Montmartre con­serve sous verre la partie gauche de la moustache de Henri IV. En est-il bien certain ? cela ne fait pas doute; mais ces précieux débris ont ils bien appartenu à l’inventeur de la poule au pot !

Je viens du fond de la province, d’un trou, vous apporter une histoire vraie à cet égard. Seulement si elle devait troubler la quiétude du bourgeois de Mont­martre, n’en parlons pas.

A l’époque où les sépultures royales de Saint-De­nis furent brisées, et tout à fait au retour de l’équipée, une espèce de géant à tournure farouche entra à Saint­-Denis nlênle, avec quelques-uns de ses camarades, chez un marchand de vins, où ils firent un repas à la fin duquel le colosse sortit de sa poche un papier qu’il tendit à une jeune personne de la maison en lui disant : « Tiens, citoyenne, j’ai’ coupé les moustaches au tyran  Henri IV, je t’en fais cadeau. »

La jeune fille accepta avec plus de crainte que de plaisir, mais conserva cependant les moustaches.

Vingt-cinq ou trente ans après, cette femme avait pour voisin un négociant de notre ville, lequel avait son magasin, presque en face de l’établissement des denloîselles des légionnaires, à Saint-­Denis.

Il y a vingt-quatre ans j’ai encore vu son enseigne, et je trouverais sa maison si Saint-Denis n’a pas été éclairci comme Paris.

Ce négociant avait, comme bien d’autres, la manie des vieilles choses. Un jour qu’il montrait avec beaucoup d’intérêt je ne sais quelle vieille défroque, la femme aux mousta­ches lui raconta le don qui lui avait été fait et lui offrit de s’en dessaisir à son profit. Il accepta de grand cœur, mais la difficulté était de retrouver cela. Pendant des années, toutes les fois que l’occasion s’en présenta, il demanda toujours à cette femme la re­mise des précieuses moustaches. « Mais elles sont perdues! » disait-il.

Cette dame lui répondit que, lors de son dernier déménagement, elle était sûre de les avoir vues enve­loppées dans le même papier, qui n’avait jamais été ou­vert. Je consacrerai une journée entière à cette recherche, et je les retrouverai ! Ce monsieur vint passer quelques jours ici, à Charlieu, dans sa famille. Pendant son absence, cette femme mourut. Son mobilier fut  vendu.

A son retour, notre compatriote S’empressa de faire des démarches pour connaître le sort des précieuses moustaches. Il apprit que dans un meuble rempli de linge on avait trouvé, sur le plus haut rayon, der­rière une pile de draps, un vieux papier dans lequel étaient effectivement des moustaches ou de la barbe. Mais on ajouta que sur l’observation du commissaire, que c’était certainement un souvenir de jeunesse conservé par la défunte (2), les héritiers, par respect pour sa mémoire, jetèrent au feu le papier et les moustaches qu’il contenait.

Celui qui m’a donné ces détails est mort depuis quatre ou cinq ans; ses héritiers habitent Paris, dans une rue de la rive gauche. Il a dû leur faire part de ces détails; moi-même je les racontais dans une réu­nion, il y a environ quatre mois. S’ils sont vrais, les moustaches qui sont sous verre à Montmartre ne se­raient guère authentiques; mais si leur possesseur les tient pour officielles, elles lui feront le même usage. Quelques jours après, une épître nouvelle est adres­sée à M. Jules Claretie par un sculpteur d’Issy, qui aurait bien dû signer sa lettre. Il prétend que la mous­tache de Henri IV n’a pas été enlevée lors de l’ouverture des tombeaux, et que, quoi qu’on en ait dit, personne n’a touché au corps du roi. Cette dernière assertion, contredite par le procès-verbal d’exhumation, par les rapports de témoins oculaires les plus autorisés et les plus dignes de foi, aussi bien que par le nouveau procès-verbal d’.exhumation des restes royaux en 1817, n’a à nos yeux aucune sorte de valeur :

Souvent j’ai entendu parler de la violation des tom­beaux des rois à Saint-Denis. A cette époque, un officier municipal fut envoyé.par la commune de Paris pour extraire les rois des caveaux et les jeter dans un trou à chaux. Cet officier nommé Compérot, était bon sculpteur et savait très bien mouler. En ouvrant le cercueil d’Henri IV, on trouva son corps si bien conservé qu’on fit un moulage de sa tête. Ce moulage, très bien fait, très ressemblant, fut le type de toutes les épreuves qui se vendirent depuis chez tous les mouleurs. Le masque de Henri IV, moulé sur nature, se trouvait chez eux vers 1834, et il doit encore en exister dans Paris. Après ce moulage, Henri IV, que le peuple avait réclamé et au corps duquel personne n’eut osé touché, fut enterré respectueusement en pleine terre dans un coin du cimetière de Saint-Denis.

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Le masque du visage de henri IV réalisé en 1793 par Compérot le jour de l’exhumation. On remarquera l’exceptionnel état de conservation de cette tête royale au moment du moulage!

Les autres rois furent mis dans un trou plein de chaux vive. Le fils de cet officier, Compérot, sculpteur de talent, a été employé aux travaux de sculpture du nouveau Louvre. Le jour de l’inauguration, l’Empereur lui a remis une médaille d’or. Depuis, ses cama­rades sculpteurs se sont cotisés peur le faire entrer, avec sa femme, aux Petits-Ménages, où il se porte très ­bien malgré ses quatre-vingts ans.

Enfant il assistait à l’ouverture des sépulcres, et je tiens de lui ces détails. P.R … « Sculpteur à Issy .. »

Enfin, une dernière lettre, adressée au même journal, vient. encore compliquer la ,question : «Voulez-vous savoir, monsieur, où se trouve une partie de la fameuse moustache du bon Henri, et, cer­tes, la plus authentique.  Allez à Chantilly et dans un petit salon au rez-de-chaussée du vieux château de la maison de Condé, vous trouverez un buste du Vert­ Galant (je devrais me contenter de dire la tête) posé sur un petit socle. Le tout est en cire jaune rendu verdâtre par le temps. Ce buste remarquable a été obtenu par un coulé d’ans une empreinte qui avait été prise sur la figure même du roi quelques instants après sa mort et, par suite de la négligence dans le graissage de la barbe et de la moustache, l’opérateur en avait arraché la plus grande partie .

Aussi retrouve-t-on, sur le masque conservé sous verre à Chantilly, tout ce qui a été enlevé non seule­ment de la moustache, mais encore de la barbe grise du capitaine Henriot. Je pense que ce buste est toujours à Chantilly. Quant à moi, j’ai constaté ce que j’ai l’honneur de vous indi­quer en visitant le château en 1851 .

Un de vos abonnés. »

Il résulte de tout ce qui précède qu’il en est de la moustache de Henri IV comme de la plume de l’abdi­cation de Fontainebleau qu’on voit en beaucoup de musées différents, ou comme de la canne de Voltaire, que tous les amateurs de « bibelots» prétendent posséder. « Mais, comme dit le spirituel correspondant de Charlieu, si leurs possesseurs les tiennent comme officielle, elles leur font le même usage ».

 (1) Alex. Lenoir, dans les notes manuscrites du volume que ma communiqué Henri Houssaye, donne, dit-il, la véritable version des paroles prononcées par le soldat qui s’appropria la moustache du roi. Il s’écria, en propres termes : « Je suis soldat aussi, moi! je ne veux plus porter d’autres moustaches, et je suis sûr de vain­cre ces gueux d’Anglais, qui nous veulent tant de mal. » Je crois, pour ma part, que si le soldat déroba la moustache en ques­tion, il.l’emporta sans rien dire. La multiplicité des possesseurs de ladite moustache donne d’ailleurs peu de vraisemblance à l’histo­riette ainsi racontée.

(2) Curieux rapprochement! En admettant que la chose soit vraie ! La moustache du plus amoureux de nos rois considérée comme un souvenir possible de galanterie par un commissaire de police du XIXe siècle !

 


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